Il faut positionner la touche sur le manche avec précision, et pour éviter qu’elle ne glisse lors de la mise sous presse, on met en place deux pointeurs qui sont en fait des petits clous posés pointe vers le haut dans le manche.
Lorsque je fais un manche avec touche en palissandre, il me suffit d’effectuer une pression des doigts pour que les pointeurs s’enfoncent dans la touche.
Avec cette touche en ébène, il était impossible de procéder ainsi, tellement le bois est dur. J’ai eu peur de forcer et de fendre la touche, j’ai conc marqué simplement l’emplacement des pointeurs sous la touche, et ai dû percer des trous à la perceuse, en faisant très attention de ne pas aller trop loin ^^.
Ensuite, il ne restait plus qu’à coller la touche, et la mettre sous presse pendant quelques heures
Je passe à la réalisation de la rainure de la tige de réglage, façon Fender, c’est à dire que la rainure de fait à l’arrière du manche, et une bande de noyer vient la refermer une bois la tige en place.
Pour commencer, il me faut percer le trou qui servira à loger la butée cylindrique de la tige.
Pour réaliser cette rainure, j’ai fabriqué un gabarit spécial puisque la rainure est réalisée concave. Avec ce gabarit, la défonceuse suit donc une courbe.
Le manche doit être parfaitement centré par rapport à la fraise de la défonceuse, c’est de la grande précision.
La rainure fait 6 mm de large.
Ensuite, j’ai percé les trous pour les mécaniques sur la tête, à l’aide d’un gabarit que j’ai fait découper au laser pour une précision optimale, surtout avec le type de mécaniques utilisées.
Au départ, il était prévu la pose de 10 étoiles sur la touche. Mais je me suis dit que ça ferait un peu trop bling-bling, et que seules deux étoiles à la 12 ème case serait beaucoup plus classe, qui plus est sur la touche en ébène. J’ai donc fait cette proposition à Aurore qui l’a acceptée.
Alors c’est parti. J’ai positionné les étoiles, et les ai collées à la super-glue sur une bande de scotch.
Puis j’ai tracé le contour des étoiles au sclapel, après quoi j’ai rétiré les étoiles, laissant apparaître le bois nu à leur emplacement.
Puis j’ai usiné à la Dremel montée sur un support avec une fraise de 1.8 mm de diamètre. C’est vraiment du travail de minutie qui se fait à la loupe.
Ensuite, j’ai mis de la super-glue au fond des usinages et ai collé les étoiles. Puis j’ai comblé les vides avec de la super-glue mélangée à de la poussière d’ébène.
Et voilà le résultat après ponçage.
On voit que la point extérieure de la grosse étoile est un peu tronquée, mais c’est juste le haut qui avait un petit éclat. Lorsque je réaliserai le radius de la touche, elle devrait retrouver ses 5 pointes intactes ^^
Aujourd’hui, j’ai réalisé le rainurage de la touche, avec un gabarit fait maison que j’ai amélioré par rapport à ce qu’il était avant.
Je l’ai testé sur une touche qui me servira pour un projet futur, et je me suis lancé pour cette touche en ébène, bois que je travaille pour la première fois…
Le gabarit possède un petit ergot qui vient de loger dans les encoches que l’on voit sur la pièce en inox. Ainsi, les rainures sont réalisées avec un espacement très précis.
La prochaine étape sera l’incrustation des deux étoiles à la douzième case de la touche, comme on le voit sur la simulation.
C’est toujours aussi difficile de dégager du temps pour la lutherie, mais ce matin j’avais 2 heures de bruit possible, alors j’en ai profité pour affleurer le manche.
J’ai d’abord préparé le plan de travail en disposant les chutes de découpe autour du manche pour stabiliser la défonceuse portative. Tout est collé au scotch double-face…
Au programme du jour, calibrage des pièces d’érable pour les amener en douceur à leur épaisseur définitive, puis traçage des contours de manche, et découpe des contours à la scie à ruban… Ils sont prêts pour la prochaine étape qui sera l’affleurage des contours à la défonceuse…
Me revoici 1 an et demi plus tard, après une année 2022 compliquée, qui ne m’a pas permise de faire de lutherie…
Je me remets donc sur le manche définitif de la bûche électrique…
Avant toute chose, je dois quand même vous donner les impressions de Mira Cétii à propos de cette guitare, avec laquelle elle a fait quelques concerts : Elle l’adore, et ne la lâche plus !!
Ceci me rend forcément très heureux. J’ai pu apprécier le son de la guitare en live, ça envoie !! Elle sonne vraiment bien. Les micros que je lui ai proposés sont merveilleux… 🙂
Mais il lui faut un manche définitif à cette guitare, et comme j’ai pour projet de me fabriquer une guitare pour moi cette année, j’ai décidé de commencer la mienne par le manche, comme ça je fabrique les deux manches en même temps, ce qui me permets de m’entraîner à chaque étape sur le mien, qui servira de brouillon ^^
Pour commencer, j’ai coupé un bloc d’érable sycomore ondé en deux dans le sens de l’épaisseur et j’obtiens deux morceaux de 30 mm d’épaisseur.
Je planifie une face sur ma planche à poncer. C’est physique, mon dos n’aime pas trop, mais c’est diablement efficace. Je mets du crayon sur la face du bois, et je ponce, je ponce, je ponce, je ponce, je ponce,… Lorsqu’il n’y a plus du tout de crayon, c’est plat…
Une fois cette planimétrie effectuée, je rabote à la raboteuse chaque pièce pour la mettre à l’épaisseur presque finale, puisqu’il restera le calibrage à effectuer ensuite.
J’ai demandé à Mira Cétii de choisir entre ces deux manche lequel elle préférait. Elle est partie sur celui qui a les taches, qui sera bien dans l’esprit du corps.
Les taches évolueront en cours de fabrication, puisque la tête sera réduite en épaisseur par la suite…
Après un bon nettoyage du corps, je peux procéder au montage de tout l’accastillage, au blindage et au câblage définitif du circuit électronique…
Après avoir apposé ma signature, je commence par monter et fixer le manche…
Puis je réalise le blindage des cavité recevant l’électronique avec de la feuille de cuivre auto-collante…
Ensuite je monte le micro chevalet sur le chevalet, et installe le micro manche monté sur son contour, puis le chevalet…
Sur l’arrière, je mets en place le bloc pour les cordes, et on voit les câbles des micros et de la mise à la terre du chevalet qui ressortent de la défonce…
Puis je monte l’électronique dans la cavité, après avoir soudé les micros et le mise à la terre du chevalet sur le circuit que j’avais préparé à l’avance, ainsi que la prise jack…
Ensuite, mise en place des boutons, et montage des cordes… S’ensuivra le réglage de la justesse de l’instrument et de l’action au moyen des pontets réglables…
Après une semaine de séchage, l’étape du polissage et du lustrage de la finition peut commencer…
Encore une étape qui demande de la patience, puisque l’on va poncer le vernis avec du papier abrasif à l’eau très fin, pour le rendre poli-brillant, doux comme une peau de bébé ^^
On commence à poncer au grain 600, puis 800, 1000, 1200, 1500, 2000, 2500, 4000, 6000, et 8000…
Ensuite on applique une pâte de polissage et on polit le vernis, et enfin on applique un produit de lustrage au chiffon doux…
Quelques taches blanches sont apparues sur la finition lors de cette opération. Je n’ai jamais réussi à obtenir un résultat parfait depuis que je fabrique des guitares, et ça ne sera pas encore pour cette fois-ci… 😦