11/04/2021 Un an…

Un an… Il s’est écoulé un an tout pile depuis mon dernier post…

Une année pendant laquelle je n’ai pas avancé, et pourtant j’ai constamment travaillé sur ce projet, en tournant en rond…

Ce fameux joint de table m’a donné du fil à retordre… Je n’étais pas du tout équipé pour la précision que demande une telle opération, puisqu’avant ce projet, j’avais toujours acheté des morceaux de bois parfaitement dégauchis, voire déjà collés . Un professionnel s’était donc acquitté de cette tâche…

Comme je le disais il y a un an, j’ai démarré cette préparation manuellement, en ponçant les pièces posées sur un marbre contre une règle en aluminium sur laquelle j’avais fixé au scotch double-face de la toile abrasive…

Avec cette façon de faire, on ne prend pas de risque de faire une fausse manip, puisqu’à chaque passe, on ne retire de des 1/100 èmes de millimètre de matière… En contre-partie de cela, c’est long, très long, très très long, et mon dos bien amoché n’aime pas ça du tout…

Alors j’ai voulu par tous les moyens possibles m’éviter ce travail de titan…

Je suis d’abord allé chez un menuisier professionnel pour qu’il me déligne les chants des pièces. Il me l’a fait, mais ce qui est de précision acceptable pour un menuisier ne l’est pas pour un luthier… On voyait les traits de la scie, et si j’avais collé le joint dans cet état, il y aurait eu du jour, et il n’en faut absolument pas… Retour à la case départ…

Je me suis remis à poncer, encore et encore, puis je me suis mis en tête de fabriquer une dégauchisseuse en construisant autour d’un rabot électrique un support réglable. J’avais chopé sur le net les plans nécessaires à cette fabrication, mais je ne suis pas parvenu à régler correctement cette machine. J’ai préféré m’abstenir de l’utiliser… Retour à la case départ….

Et on ponce, et on ponce, et comme ça n’avançait pas, je me suis décidé à commander une machine qui était censée tenir la route, et me permettre de réaliser cette préparation : Une ponceuse de chants. Une machine qui me permettrait de faire la même chose que je le faisais manuellement, mais sans forcer… Je l’ai reçue en plein hiver, et bêtement, après réception, je l’ai laissée dormir 1 mois et demi avant de la monter, tellement il faisait froid dans mon atelier, et tellement mon dos n’aime pas le froid….

Lorsque j’ai voulu la monter, avec l’aide de mon fils (80 kg la bébette), je me suis aperçu que le plateau qui était censé être parfaitement plan ne l’était pas… J’ai contacté le fournisseur, le délai de rétractation était dépassé…. Ils acceptaient de la reprendre mais frais de retour à ma charge, et remboursement en fonction de l’état dans lequel ils la recevaient…

J’ai donc décidé de la garder, et de la rendre opérationnelle en faisant plier une tôle à mon boulot pour mettre par-dessus la tôle non plane… J’ai fait plier cette tôle, que je voulais fixer avec des vis auto-perceuses, mais ça ne s’est pas passé comme prévu… Quand on a la poisse… 😀

En fixant la tôle, des vis se sont cassées, et une d’entre elles est partie de travers ce qui a vrillé la tôle et l’a rendue à son tour inutilisable… Je ferai donc autrement, mais plus tard… A 750 € la machine, je me dois de la rendre fonctionnelle… :p

Je me suis donc rabattu sur un gabarit pour usiner les chants à la défonceuse. J’ai acheté une fraise de longueur 50 mm avec deux roulements, ai dessiné et fabriqué le gabarit, pour finalement me résigner à terminer cette préparation manuellement, j’avais trop peur de détériorer les pièces de bois que j’avais sélectionné pour ce projet spécial…

Des pièces comme celles-ci, je savais que je ne pourrais pas en retrouver d’autres aussi parfaites, et tellement en accord avec la demande de Mira Cétii…

Alors voilà, un an après, je suis revenu à ma bonne vieille et si efficace méthode de ponçage…

J’aurais vraiment mieux fait de m’en tenir au dicton : « Ponce et tais-toi »… 😦

Et bien sûr, pendant cette année, j’ai eu quelques lumbago comme cette année en mars, le premier jour de ma semaine de vacances, où je devais redémarrer ce projet….

Enfin bon, maintenant, le ponçage est terminé, c’est donc reparti !! 🙂

11/04/2020 – Préparation des chants en vue du collage des deux pièces du corps

Allez, c’est parti pour la fabrication à proprement parler de la guitare…

Je commence par préparer les chants. Le collage s’effectue à plat, c’est à dire que les deux pièces sont collées chant sur chant, sans rainures, sans queues d’arronde, sans goupillage… Autant dire que les chants doivent être le plus nickel possible, afin que le collage soit le plus efficace possible, et que le joint soit parfait.

Je n’ai pas encore de machine spécifique pour cette opération, je le fais donc à l’huile de coude…

Je commence par surfacer les chants à la table à défonceuse, pour avancer le travail.

Ensuite, la finition se fait sur marbre, en ponçant. L’abrasif est collé au double-face sur du tube en aluminium, fixé sur le marbre. Ensuite on fait des mouvements de va-et-vient avec la pièce de bois contre l’abrasif. Je mets de la craie sur le chant pour voir l’avancement du ponçage. C’est terminé lorsqu’il n’ y a plus du tout de craie sur le bois. Cette opération est longue, il faut être patient, mais c’est efficace…

08/03/2020 – Plan d’ensemble…

J’ai terminé le plan d’ensemble de la guitare. Un plan très précis qui me permettra de maîtriser chaque étape de la fabrication…

Il me restera les plan des différents gabarits à réaliser avant d’attaquer dans le bois dur, comme on dit… 🙂

17/11/2019 – Calibrage du bois du corps…

Une fois le bois raboté et dégauchi, il faut le passer à la calibreuse, appareil qui possède un rouleau-ponceur motorisé, qui va affiner l’épaisseur avec précision, par passes de quelques dixièmes de millimètres, et améliorer l’état de surface.

L’épaisseur est ramenée à 45.5 mm. Les dernières passes seront réalisées après collage du joint entre les deux pièces…

07/09/2019 – Rabotage et dégauchissage du bois du corps…

Après avoir mis aux dimensions les deux pièces constituant le corps, il a fallu le raboter et le dégauchir afin de le rabaisser en épaisseur, de rendre les faces planes et parallèles. Cette opération se fait à la raboteuse/dégauchisseuse.

Le corps devant avoir une épaisseur finale de 45 mm, je l’ai raboté jusqu’à obtenir une épaisseur de 47 mm, le reste étant retiré à l’étape suivante…

19/08/2019 – Simulation du visuel du corps…

Après avoir sélectionné les deux pièces constituant le corps qui répondait au mieux au cahier des charges de Mira, j’ai pu effectuer une simulation pour lui soumettre le résultat, avec des pièces détachées que je possédait, et un « patron » du contour découpé dans du papier…

Mira Cétii étant sous le charme de ce noyer tortueux, je pouvais commencer à le travailler…

15/08/2019 – Débit du corps

J’ai acheté deux plateaux de noyer : 1 coupé sur quartier, et l’autre sur dosse.

Un bois coupé sur quartier (milieu du plot) présente des veines rectilignes, contrairement à un bois coupé sur dosse (extrémités du plot) qui présente des veines au visuel plus accrocheur.

C’est dans ce plateau sur dosse qu’il fallait que j’extraie les deux pièces qui, une fois assemblées, constitueraient le corps de la guitare.

J’ai obtenu, entre autre, dans ce plateau, 4 pièces aux dimensions voulues, pour en sélectionner au final deux, qui correspondaient au mieux au cahier des charges de cette guitare…

Le d

ébit s’est fait à la scie circulaire, et à la scie japonaise…

Cahier des charges…

Mira Cétii avait déjà bien en tête les grandes lignes de sa guitare idéale : Un corps de forme offset avec un manche et une électronique de Telecaster…

Elle souhaitait néanmoins un micro double bobinage en manche, pas de plaque de protection en plastique, une finition brute avec un manche teinté…

A partir de là, j’ai pu définir le cahier des charges définitif :

  • Corps en noyer européen figuré de forme offset (Jazzmaster),
  • Manche en érable sycomore ondé vissé, tête type Telecaster, touche palissandre des Indes, 22 cases,
  • Tige de réglage simple effet,
  • Diapason Fender 25,5″, soit 647,7 mm,
  • Radius touche Fender moderne, soit 9,5″,
  • Sillet en os,
  • Repères de touche en étoile en nacre, repères de bord de touche phosphorescents, contour noir,
  • Micros Di Marzio, Bluesbucker en manche avec contour plastique noir, et Twang King en chevalet,
  • 1 volume, une tonalité, sélecteur Fender 3 positions, potentiomètres CTS, condensateur et Treble bleed Orange Drop, cavité électronique sur l’arrière avec plaque noire, Jack Switchcraft sur la tranche.
  • Electronique blindée au cuivre + câblage avec masses en étoile, câble Mogami,
  • Boutons de volume et tonalité dôme chromés,
  • Chevalet vintage chrome avec 3 pontets en laiton compensés, insert bloc-cordes sur l’arrière du corps,
  • Mécaniques Fender Original Vintage chrome,, 1 guide-cordes,
  • Strap-locks Dunlop,
  • Teinte corps + manche medium brown,
  • Vernis manche nitrocellulosique, finition du corps à la Tru-oil.

Bonjour et bienvenue sur ce blog…

Je suis Pat Vurden, luthier amateur, et j’ai crée ce blog entièrement dédié à la guitare électrique que je vais fabriquer pour la chanteuse Mira Cétii…

Vous pourrez suivre l’avancement de cette guitare unique, depuis la sélection des bois et la réalisation du cahier des charges, jusqu’à ce qu’elle résonne entre les mains de la talentueuse Mira…

Mira dit que ça sera un honneur pour elle de jouer sur une de mes créations, mais a t-elle idée de l’immense honneur que ça sera pour moi de la voir évoluer sur scène avec sa guitare « Pat Vurden » sur l’épaule ?

Il me tarde de démarrer ce projet, et de vous le faire découvrir au fur et à mesure de son avancement… 🙂

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